Achtsamkeit

Hier können Sie das PDF herunterladen: Achtsamkeit – Andreas Fröhlich

Während der Arbeit an einem geplanten Handbuch der Basalen Stimulation (Hogrefe Verlag 2017/18, zusammen mit Lars Mohr und Matthias Zündel) kam durch eine Anfrage einer Schweizer Kollegin die Frage nach Achtsamkeit auf. Sie wagte vorsichtige Kritik und bemängelte, dass Achtsamkeit sich selbst gegenüber im Konzept Basale Stimulation zu kurz käme, ja, es würden Anforderungen an basale Arbeitende gestellt, die einer Selbstaufgabe gefährlich nahe kämen. Ich wurde sehr nachdenklich und besann mich dann aber eines Vortrages, den ich für einen geschlossenen Kreis vorbereitet hatte. Dieser Vortrag ist nie veröffentlicht worden. In einer leicht überarbeiteten Form möchte ich ihn hier vorstellen und damit auch eine Diskussion anstossen. Weiterlesen

Prise de points de l’OJ de la rencontre du GSBF 2016

Intervention d’Andreas Fröhlich, le 30 janvier 2016, Paris

« Pourquoi l’école pour les enfants polyhandicapés ?
Une question d’égalité »

Le système scolaire n’existe pas depuis très longtemps, mais l’éducation, elle, existe depuis qu’il y a des Hommes.

En 1592 (le duché Palatinat Deuxpouts), l’école a été fondée pour les filles et les garçons. C’est la 1ère régulation légale au monde, avec un système de mixité. Pour l’Allemagne, il y a des lois pour la scolarisation dès 1800, y compris pour les enfants aveugles, sourds ou ayant plus ou moins de difficultés. Mais cela ne concerne par les enfants handicapés. Il n’y avait pas de loi qui « oblige » à la scolarisation. L’idée est que les citoyens membres d’un peuple puissent avoir la possibilité d’apprendre, sans dépendre des privilèges ou des moyens financiers.

Dans nos pays européens, cela représente un élément constitutif et organisé par l’Etat (et non sur un pouvoir décisionnel de parents ou autre curateur).

« Structure de jour, semaine, année… structure de la vie ».

Le rythme de la vie est définit par cette structure : la structure temporelle d’un état tout au long de l’année ; l’heure pour se lever ; l’horaire du trafic ; les vacances horlogères ; les hôpitaux, etc.).

D’un point de vue sociologue, l’école donne et transmet la structure (pour les parents, les enfants, mais aussi les « non-parents »).

Andreas cite Urie Bronfenbrenner [1]

Sur le modèle des cercles concentriques, l’enfant est au centre ; autour la classe ; l’école (directrice, règle, loi…et non la communication personnelle) ; le système scolaire (région ou ville) ; le système éducatif (règles, lois,…). Un enfant ne connaît pas le système dans lequel il évolue ; et ce dernier fait partie d’un plus grand système encore.

Alors, comment reconstruire ce système ? Au fil de cette réflexion, nous arrivons aux notions (strictes) suivantes :

[1] Né le 29 avril 1917 à Moscou1 – 25 septembre 2005 ; est un psychologue et un chercheur américain d’origine russe, connu pour sa théorie du modèle écologique de développement humain

L’école est un système où les droits des parents sont très limités. L’institution « Ecole » est totale[1] : tout le monde au même endroit, occupé à la même chose, selon l’âge, le sexe, la religion, le secteur. A nouveau les notions de jours et de semaines. Tout le monde commence et finit ensemble. Et les enfants, dans ce système, sont acceptés, ou pas, en fonction de pré-conditions

Mais les parents sont-ils conscients des éléments positifs et moins positifs de la force de ce système ?

[1] Andreas cite Erving Goffman  , un sociologue américain, et ses références à la notion d’institution totale, en y incluant les prisons, les hôpitaux, etc. https://fr.wikipedia.org/wiki/Institution_totale

A.F. désire réfléchir sur le « pourquoi avoir des écoles ». L’idée fondamentale est que la prochaine génération doit être capable de perpétuer les valeurs, les responsabilités et acquis de notre société. En les préparant à cela, c’est une forme de garantie et de sécurité que le système social va perpétuer. Il y a très peu de révolution au sein de ce système. Alors pourquoi une école pour des enfants handicapés, alors que ces derniers rompent cette continuité de « culture » sociale ?

Ces enfants handicapés ne représentent pas une future génération qui va travailler ou engendrer d’autres enfants. Ils sont comme une ruelle sans issue pour la société. L’idée de donner ou non des moyens (argent, personnel) pour des groupes d’enfants qui ne seront pas rentables reste actuelle. Peut-être est-ce de notre responsabilité de soutenir cet « acquis » ? Y’a-t-il d’autres raisons pour continuer d’investir ?

En Allemagne, l’école est obligatoire [1]! Ce n’est pas un choix et cette structure a le monopole des « offres ». Si l’Etat donne une possibilité, il faut l’accepter. Ce n’est pas un réel choix.[2]

Traitement égal ! Dès 1970, tous les enfants sans exception peuvent bénéficier de ce traitement. Cette idée d’égalité a été très bien accueillie à cette époque.

En Allemagne, un profond changement s’opère depuis 5-6 ans. Il y a de grandes discussions autour de l’Article 24 de la Convention ONU[3]. Cet article est le seul qui s’occupe de l’éducation. Le système scolaire a totalement changé. Actuellement, chaque enfant a le droit d’aller à l’école normale. « ….En vue d’assurer l’exercice de ce droit sans discrimination et sur la base de l’égalité des chances, les Etats Parties font en sorte que le système éducatif pourvoie à l’insertion scolaire à tous les niveaux, et offre tout au long de la vie, des possibilités d’éducation….. ».[4]

[1] Intervention policière s’il le faut. Rare mais cela existe.
[2] Justice ou égalité (gereschischkeit)
[3] Convention relative des Nations Unies aux droits des personnes handicapées/ Bundesministerium für Arbeit und Soziales, Art. 24
[4] Bundesministerium für Arbeit und Soziales, Art. 24, p. 36

En France, par exemple, les enfants en situation de handicap sont bien accompagnés en institution, mais pour A.F., pourquoi ne sont-ils pas inclus dans le système scolaire ? (ex : des structures pour les enfants malentendants… mais pas pour les « polyhandicapés » ). Cette Convention nous donne des idées et montre également des faiblesses.

« L’éducation est une part de notre « éducation »[1].

[1] « Bildung » en allemand pourrait contenir : tous les savoirs, savoir-être, culture…« Erzieherung » serait le comportement.

L’éducation est la participation à l’héritage culturel. A.F. utilise donc le mot « participation » qui permet d’expliquer « prendre part », être partie prenante, être avec les autres.

En allant plus loin, qu’est-ce que l’héritage culturel ? Laver ses mains avant de manger : c’est culturel – les singes ne le font pas. C’est une acquisition de l’être humain. Se laver les mains, se nourrir ou écouter de la musique, l’être ensemble… Cela demande d’adapter « un niveau basal » pour que ces enfants profitent de cet héritage.

L’école, comme système/institution est responsable de transmettre.

L’idée actuelle en Allemagne est d’accepter tous les enfants. Il appartient donc à la structure (école) de s’adapter.

L’école offre des techniques diverses pour participer, prendre part. Il n’y a pas qu’un seul concept ni une seule méthode afin que tous les enfants puissent participer. Il n’est pas non plus question d’une seule méthode pour une seule école donnée.

Même si la base est la même pour tout le monde, certains sont plus loin, d’autres vont plus vite, mais ce qui importe est l’activité cognitive et non le niveau cognitif.

« L’école : un lieu pour penser »

«  Je pense donc je suis »

L’idée pour A.F. est que la base de cet héritage culturel n’est pas une chose particulière.
1+1=2 pour les enfants handicapés, cela peut se décliner par avoir quelque chose à sentir / avoir quelque chose dans sa main. Par exemple « J’ai une chose que je peux toucher/voir/sentir. Et qui n’est pas mon nez ».

Pour approcher les mathématiques, si on veut « jouer à l’école ». Cela demande déjà un processus, un pas cognitif . Cela peut être : comprendre que j’en ai 1 dans chaque main ; les changer de position ; un cacher un et pas l’autre ; jouer avec ces éléments.

Un des arguments d’A.F. dirigé vers les ministères de l’éducation est que cette compréhension de relation entre les objets est une compétence que les enfants polyhandicapés peuvent faire.

Ces enfants peuvent donc avoir le droit de participer au système scolaire car ils peuvent intégrer cet héritage culturel (scolaire).

La vitesse de développement n’importe pas. Oui, certain vont plus vite, loin ou haut. Mais cela ne nous donne pas le droit d’exclure les gens de la base, s’ils ne répondent pas à ces critères.

Cela devrait être le sujet propre à l’école : Offrir et organiser cette base commune qui est L’ACTIVITE COGNITIVE

Le niveau cognitif n’importe pas. C’est l’activité cognitive qui importe.

L’école est un lieu de pensée, et qui me donne également une confirmation de mon existence.

Französische Texte

In diesem Jahr war ich von einer französischen Fachgesellschaft (groupe polyhandicap de france) eingeladen worden,
einen Vortrag in Paris zu halten zum Thema: Eine Erziehung der Nähe.
Michel Belot, ein geschätzter Kollege aus Toulouse, hat den Vortrag in ein lesbares Französisch gebracht.
Dafür danke ich ihm sehr.
Reden kann ich französisch ganz ordentlich, aber für’s korrekte Schreiben langt es nicht ganz.
Manche der Gedanken dieses Vortrages „funktionieren“ nur auf französisch, eine Übersetzung wird nicht ganz einfach werden.

Der von mir „erfundene“ Begriff polyéduquer lässt sich nicht übersetzen.
Er ist aus polyhandicap ( etwa: schwere Mehrfachbehinderung und éduquer: erziehen) zusammengesetzt.
Dieses Wort signalisiert so etwas wie: auf vielen unterschiedlichen Wegen erziehen.
Von den französischen Kollegen wurde der neue Begriff gerne aufgenommen, um das Besondere zu kennzeichnen, das die Erziehung „unserer“ Kinder ausmacht.

Education de près

A FROHLICH Unesco 2016 – 2 photos

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Andreas FROHLICH

Colloque du Groupe Polyhandicap France UNESCO – 2 JUIN 2016

Je vais essayer d’expliquer mes idées autour de « l’éducation de près ». C’est un titre que l’on m’a suggéré, je ne l’ai pas choisi mais je relève volontiers le challenge.

Ma profession n’existe pas en France. Je ne suis pas éducateur, je ne suis pas instituteur, je ne suis pas thérapeute, mais ma profession, correspond à quelque chose entre celles-là.
En Allemagne, l’éducation spécialisée est enseignée à l’université, une matière comme apprendre le latin ou la géographie. Une fois diplômé, on exerce dans les écoles pour enfants handicapés : avec surtout des enfants handicapés mentaux et, depuis les années 1970 avec les enfants polyhandicapés.

Ces écoles, organisées et systématisées en Allemagne ont un rôle important, mais on peut aussi envisager l’éducation dans d’autres situations.

Seite2_22.10.01Si on parle d’éduquer, il est nécessaire et utile de rappeler l’origine latine « ex-ducere » : (ex-duco : je guide hors) et de faire le lien avec la philosophie des grecs anciens, l’allégorie de la caverne de M. PLATON.

Des hommes sont prisonniers dans une salle d’une caverne sombre, autour d’un feu. La lumière des flammes reflètent sur les murs des ombres d’autres personnes qui sont dans une autre salle. Mais pour ces prisonniers, les ombres sont la réalité car ce sont des choses qu’on peut voir. Ce n’est qu’en les sortant de la caverne et en les guidant vers la lumière qu’ils peuvent comprendre que les ombres ne sont pas des choses réelles.

Ce processus, de sortir de la caverne, de « guider hors » est l’idée originelle de l’éducation.

Seite3_22.17.15Seite3_22.17.37Alors, on peut se demander : Y a-t-il aussi une caverne pour les enfants polyhandicapés ? Certainement…
Leur existence humaine, comme l’existence de toute autre personne, est sous les influences de leur corps. Mais peut-être que les personnes polyhandicapées sont plus fortement sous cette influence, avec un corps qui ne fonctionne pas comme les autres, qui est limité dans beaucoup de fonctions et qui « enferme » parfois la personne.

Alors, pour éduquer, on devra prendre en considération le corps et être en contact direct, dans un contact corporel, avec eux.
Cela ne correspond pas à la conception habituelle de l’éducation.

Seite4_22.17.52Lorsqu’un pédagogue, un éducateur, un instituteur, parle d’éduquer, il ne va pas se référer directement à Platon.
Pour eux, habituellement, éduquer veut dire :

  • Adapter les comportements d’une personne aux besoins de la société et de l’environnement, (et la psychologie a eu beaucoup de résultats chez les comportements des personnes handicapées).
  • « Faire apprendre » est notre idée générale pour les élèves de nos écoles. Eduquer d’un point de vue humaniste est un processus qui vise à passer « du sauvage aux sage », et ceci durant toute notre vie. Nous tous, nous sommes dans ce processus et peut-être –je vous le souhaite- que quelques-uns y vont arriver.
  • D’un point de vue un peu plus sociologique, éduquer, c’est préparer les enfants pour devenir la prochaine génération : travailler, produire, avoir des enfants, faire de la politique… Or, il est clair que nous pouvons dire que les enfants polyhandicapés ne seront pas porteurs de la prochaine génération.

Les enfants polyhandicapés sont très particuliers et ne rentrent pas complétement dans ces objectifs généraux. Cependant, ils sont aussi pleinement des personnes humaines et ont besoin d’éducation. Ils nous montrent avec leur particularité qu’éducation et humanité sont toujours très reliés.

Seite5oben_22.18.Si on prend la situation à l’école traditionnelle, telle que nous la connaissons, c’est une balance entre enseigner et apprendre, entre instituteur et élèves. Il y a parfois des relations très intenses, stimulantes, pleines d’enthousiasme quelquefois, mais ce qui est bien clair dans notre système scolaire, c’est qu’il y a toujours une distance corporelle entre l’enseignant et l’élève. On ne touche pas l’instituteur, on ne touche pas l’élève. La mise à distance corporelle est très importante.

Pour éduquer des personnes polyhandicapées, il faudra sortir de l’école traditionnelle pour nous adapter à leurs particularités

Seite5unten_22.18Les enfants polyhandicapés ont des restrictions sensorielles de manière spécifique :

– restriction visuelle (ils ne sont pas nécessairement aveugles mais ils ne peuvent pas utiliser de manière significative ce qu’ils voient)

– même chose avec l’audition : les mots que j’utilise, c’est peut-être pour une personne polyhandicapée seulement un bruit, un son, mais ce n’est pas un moyen utilisable pour l’éduquer,

– de même les mains sont souvent utilisées non pas comme outils pour changer l’environnement, pour le manipuler, mais comme un moyen pour se stimuler, pour se mutiler, dans un cercle fermé.

Si on ne peut pas utiliser les moyens sensoriels de l’éducation classique (écouter, voir), il faut donc en chercher d’autres.

Seite6_22.18.45                 Un collègue autrichien disait qu’éduquer, c’est faire chose commune avec les enfants. Pour moi, « faire chose commune », cela n’est pas possible ni correct avec les enfants polyhandicapés. Je préfère le terme de « poly-éduquer », que je vais préciser.
Si la position de l’éducateur change, s’il se met du côté de la perception des enfants polyhandicapés, il lui faudra c’est sûr, agir souvent contre l’avis des autres et contre les traditions. Il aura besoin de beaucoup de courage, de créativité et de motivation.

Si je devais trouver un mot pour exprimer cette approche de l’éducation, ce serait « poly-éduquer ».

  • Cela suppose une modification dans l’échange entre l’instituteur, l’éducateur, et ces enfants. Ce ne sont plus les mots, ce ne sont plus les dessins sur le tableau… qui peuvent opérer, il faut trouver d’autres moyens. Par exemple, j’ai parlé de modifier la distance, avec une distance corporelle très proche.
  • Cela suppose une modification de la sensorialité : La vue, l’écoute ne sont pas les meilleurs canaux sensoriels pour effectuer nos activités. Les personnes polyhandicapées utilisent plutôt : l’odorat, le touche, le goût… C’est-à-dire tout ce que l’on ne peut pas faire durant toute scolarité dans une école traditionnelle ! Car, on est totalement préoccupé par dire : on ne fait pas ça, on ne touche pas quelqu’un, on ne renifle pas quelqu’un….

A l’école, il est difficile de modifier les matières à apprendre et les manières d’apprendre. Les enfants polyhandicapés n’apprennent pas Ce l’économie ou la déclinaison des verbes en latin. Ce sont d’autres choses, différentes, que peuvent apprendre les enfants polyhandicapés, mais qui sont toujours la découverte d’un aspect du monde.

Seite8_ 22.19.02Pour se mettre dans ce processus d’éduquer des enfants polyhandicapés, pour faire des choses communes avec ces enfants, il faut avoir une communication adéquate que nous appelons communication primaire, celle d’avant les mots, d’avant les gestes conventionnels :

  • c’est le toucher,
  • c’est aussi la respiration (si on respire ensemble, on est très proche, on peut s’exprimer par la respiration et montrer à l’autre qu’on est très attentif, qu’on est nerveux ou au contraire très calme, il ne faut pas être inquiet, on peut parler avec le souffle).
  • Ce sont des mouvements de très faible amplitude, que nous appelons des micro-mouvements. On peut sentir chez quelqu’un la tension musculaire, les limites du mouvement… Tout ceci raconte beaucoup sur la personne (une certaine ouverture ou au contraire avoir peur). La spasticité n’est pas seulement un processus pathologique, c’est aussi une expression, une communication et on peut y répondre également dans ce registre.
  • Notre voix aussi est très importante et les hommes ont peut-être un avantage quand ils parlent très bas car ils peuvent produire des vibrations corporelles et les transmettre à quelqu’un très près d’eux comme les vibrations que l’on ressent dans notre vie intra-utérine.

    On peut s’organiser sur un plan de communication primaire : cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas verbaliser mais plutôt réduire la parole car nous oublions souvent, en parlant, nos autres possibilités de communiquer.

Seite9_22.19.20

                       Je pense que dans l’éducation des enfants polyhandicapés, il y a deux éléments très importants : Le contact corporel et la résonnance. C’est-à-dire comment répondre corporellement aux petites émotions, aux petits mouvements que l’on peut remarquer ou sentir chez des enfants.

Pour communiquer, c’est toujours nécessaire de répondre même si nous ne sommes pas sûrs, pas convaincus d’avoir bien compris, il faut essayer quand même et après peut-être qu’il y aura une réponse en retour à notre réponse et c’est le commencement d’une communication.

Kreativität von Kindern mit schweren Behinderungen

Dieser Text war ursprünglich ein Beitrag zu dem Buch
Ausbildung und Kunst – die Bedeutung des Künstlerischen für
sozial- und heilpädagogische Berufe
Herausgegeben von Andreas Fischer
Bern 2006

Durch die kürzliche Begegnung mit einer jungen Heilpädagogin und Kunstvermittlerin wurde ich an diesen Text erinnert. Da das Buch leider nicht so sehr viel Verbreitung gefunden hatte, möchte ich meine Überlegungen hier nochmals vorstellen. Ich habe die literarische Form eines Briefwechsels gewählt, habe die persönliche Anrede verwendet – aber diesen Briefwechsel und die darin erwähnten Gespräche gab es so nicht, leider.

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Kreativität für Hans

Kreativität von Kindern mit schweren Behinderungen

Landau, den …

Lieber Hans,

hattest Du mich beim Weggehen noch nach Kreativität gefragt, oder bilde ich mir das nur ein? Jedenfalls lässt mich die Frage jetzt nicht mehr los und mit sehr vielem von dem, was ich gelesen habe, bin ich einfach nicht zufrieden.

Kreativität, das ist wieder einmal so ein Gedankenkonstrukt, bei dem man ja nun wirklich nicht sagen kann, dass Kreativität an sich exis- tiert. Wir tun so, als habe jemand Kreativität, als habe sich Kreativität in jemandem eingenistet und würde dort zum Wirken kommen. Dabei kennen wir doch nur Menschen, deren Verhalten uns immer wieder überraschend vorkommt, ganz speziell ihr künstlerisches Ausdrucksverhalten, die nennen wir dann kreativ. Die Schlussfolgerung, es gäbe so etwas wie Kreativität, beruht, so meine ich, auf einem sprachlichen Irrtum. Unsere Fähigkeit schnell ein Substantiv zu formulieren, ver- führt uns dazu, zu glauben, dass es dies als Sache, als Ding, als etwas Festes, Eigenes gäbe.

Also fange ich meine Antwort damit an, dass ich erst einmal Kreativität abschaffe. Ich will aber festhalten, dass es Menschen gibt, die dieses Überraschungsverhalten in ihrer beruflichen, in ihrer künstlerischen, in ihrer sozialen Verhaltensweise zeigen. Überraschung, unerwartetes Hervorbringen, das gehört ganz sicherlich zu dieser Frage, die Du mir vielleicht gestellt hast. Weiterlesen

Veröffentlicht unter Kunst

Andreas Fröhlich Schule

Vorwort

Klepsau im Tal der Jagst – da gab es bis vor wenigen Wochen eine kleine Schule für Kinder mit körperlichen und mehrfachen Beeinträchtigungen. Seit 2001 trug diese Schule meinen Namen, Andreas Fröhlich-Schule. Ländlich, idyllisch, heimelig, naturverbunden – so könnte man die Situation beschreiben.

Nun ist die Schule umgezogen, in ein Schulzentrum, einen eher funktionell-sachlichen Neubau. Zusammen haben alle Schüler eine ebenfalls neue Mensa, einen angepassten, „barrierefreien“ Schul-Spielplatz / Pausenhof.

Begegnungen sollen möglich werden, gemeinsame Aktivitäten und gemeinsamer Unterricht, eine moderate Form inklusiven Unterrichts ist das Ziel der Veränderungen.

Die Eltern freuen sich, dass ihre Kinder nun zusammen mit allen anderen Kindern in die Schule gehen. Therapeutinnen und LehrerInnen sehen viele neue Aufgaben, die es zu meistern gilt.

Eine Einweihungsfeier fand statt, Bürgersaal, Mensa und Schule im Schulzentzrum von Krautheim an der Jagst ( in dieser kleinen Stadt tat Götz von Berlichingen seinen berühmten Spruch!). Auch jetzt, am neuen Standort in den neuen Gebäuden heisst die Schule Andreas Fröhlich – Schule und ist ein Sonderpädagogisches Bildungs- und Beratungszentrum für körperliche und motorische Entwicklung, einschliesslich Aussenklassen und Schulkindergarten (SBBZ).

Ein paar Gedanken sollte ich zur Einweihung beisteuern:

Zukunft und Chancen im Zentrum Krautheim

Immer möchten Menschen gerne in die Zukunft schauen, möchten wissen, was da auf sie zukommt, möchten sich vorbereiten, wappnen, schützen oder schon mal auf kommende Erfolge anstossen.
Ja, wenn man nur wüsste, was die Zukunft bringt.

Wir wissen es nicht und auch wissenschaftliche Prognosen sind nur etwas komplexere Wetten auf die Zukunft.
Aber Überlegungen kann man anstellen und Wünsche, die darf man frei formulieren.

Wir haben in den vergangen Jahren seit der Ratifizierung der UN Charta Rechte behinderter Menschen eine beeindruckende Bewegung erlebt, der es gelungen ist, die Lebensumstände vieler Menschen mit Beeinträchtigung in ein anderes, neues Licht zu rücken. Die alltäglichen kleinen und grossen Hindernisse, der heimlich oder offene Ausschluss, die Diskriminierungen – all das wurde vielen jetzt wirklich deutlich bewusst. Im Gesundheitswesen, in der Bildung, beim Bauen, im Beruf wurde „Barrierefreiheit“ ein zentrales Stichwort. Wir erleben derzeit einen deutlichen Wandel, behinderte Menschen werden mitgedacht, sie gehören dazu.

Als vor Jahren eine kleine Schule in Klepsau mich als Namenspaten gewählt hat, habe ich daran eine Bedingung geknüpft.

Niemals, so lautete diese, dürfe eine Kind „wegen der Schwere seiner Behinderung“ nicht aufgenommen werden. Mir liegen diese Kinder, Jugendlichen und Erwachsenen besonders am Herzen, die so schwer beeinträchtigt sind, dass sie sich selbst kaum mitteilen können, dass sie in nahezu allen Aktivitäten des täglichen Lebens Hilfe und Begleitung brauchen. „Schwerstbehinderte“ Menschen eben. Leider – das muss man deutlich sagen – finden diese Menschen in der UN Charta keine Erwähnung. Schaut man sich alle die Hinweise im Text an, die sich konkret auf Menschen mit Behinderung beziehen, so wird man feststellen, dass an die Gruppe dieser Menschen nicht gedacht worden ist. Ihre Lobbyisten haben offenbar bei der Erstellung der Resolution gefehlt. Wieder einmal.

Und daraus würde ich gerne in Zukunft eine Chance für „meine“ Schule machen. Eine Schule, die versucht, wirklich für alle Kinder Partizipationsmöglichkeiten zu entwicklen. Will man sehr schwer und komplex beeinträchtigten Kindern Partizipationsmöglichkeiten erschliessen, so muss man die schon ein bisschen ausgetretenen Pfade des gemeinsamen Unterrichtes wahrscheinlich verlassen. Dabei sein, wenn andere etwas tun,

etwas hingehalten bekommen, mit dem andere arbeiten, ein farbiges Tuch übergelegt bekommen, das vielleicht für die anderen ein Symbol für etwas ist – das ist noch keine Partizipation.

Schule soll Bildung vermitteln – für alle. Ich beschreibe Bildung gerne als Partizipation am kulturellen Erbe der Menschheit.

Dazu gehört sehr viel, alles, was der Mensch im Laufe seiner vieltausendjährigen Geschichte entwickelt hat, Sprache, Schrift, logisches Denken, aber ebenso die Ausdrucksformen der Zuneigung, das Alphabet der Gefühle, die unterschiedliche Zubereitung des Essens und die Variationen des Geschmacks, die Kleidung, die Hygiene, das Konfliktmanagement im Alltag – all das ist kulturelles Erbe, an dem wir uns beteiligen wollen und sollen. Wir sollen nicht nur Anteil haben, etwas abbekommen davon, sondern wir sollen uns auch beteiligen, also unseren Teil dazu geben. dann erst kann von Partizipation die Rede sein.

Und das muss auch für Kinder, für junge und alte Menschen mit schwersten Beeinträchtigungen gelten.

Ihre Erfahrung mit Schmerz, ihr Wissen um das Leben in Abhängigkeit, ihre Fähigkeit Stimmungen sensibel zu erspüren, ihre Kompetenz, Gefühlen unmittelbar Ausdruck zu geben – das muss als ein Teil unseres sich ständig weiter entwickelnden kulturellen Erbes wertgeschätzt werden.

Wenn nun die Andreas Fröhlich Schule sich im Schulzentrum Krautheim darauf einlässt, mit anderen Schulformen intensiv zu kooperieren, den Gedanken der Gemeinsamkeit in die Praxis umzusetzen, dann muss auch diese besondere Lebenswirklichkeit ein Teil des Ganzen werden.

KInder sind nicht gleich, es gibt keine wirkliche Homogenität der Schülerinnen und Schüler, ihre Lebensumstände sind verschieden, sehr verschieden oft.

Die Begegnungen mit Kindern aus Familien, die Flucht, Vertreibung, Krieg, Angst, Todesgefahr, Gewalt und Hilfsbereitschaft erfahren haben, zeigt uns deutlich – wenn wir die Augen nicht verschliessen – wie unterschiedlich Kinderleben sein können. Und wie behutsam man daran gehen muss, eine gemeinsame positive Erfahrungswelt für Kinder aufzubauen. Auch für die, denen bislang – und Gott sei Dank – nichts Schlimmes zugestossen ist.

Aber auch sehr schwer behinderte Kinder sind „Überlebende“. Ihre Schwangerschaft, die Geburt, die frühe Zeit danach waren wahrscheinlich extreme Krisenzeiten. Eine Krankheit, ein Unfall, eine genetische Veränderung haben sie an den Rand des Lebens gebracht, sie konnten gerade noch auf die Seite des Lebens gezogen werden. Da gibt es viele nachdenkenswerten Gemeinsamkeiten.

Für mich wäre es ein starker Wunsch, wenn die Kinder aus den wohlbehaltenen Familien, die Kinder, deren Lebensweg als Karriere schon vorgezeichnet scheint, etwas davon partizipieren könnten, was es heisst zu überleben. Wie grossartig es sein kann, einfach am Leben Teil zu haben, mit anderen Kindern zusammen. Das ist nicht zuerst eine Frage der richtigen didaktischen Vorbereitung, das hat auch wenig mit dem passenden Arbeitsmaterial und schon gar nichts mit dem Erreichen des Klassenzieles zu tun. Schule sollte ( manchmal wenigstens) erkennen können, dass sie für die Kinder da ist, dass sie den jungen Menschen einen Platz zum Leben anbieten soll, durchaus auch zum Lernen. Aber bitte nicht zum Lernen von „Stoff“, der seinen Sinn schon verliert, wenn er einmal abgefragt ist.

Durch ein allzu enges Verständnis von Bildung schafft sich das System Schule selbst Schwierigkeiten, produziert gewissermassen die Kinder selbst, die dann als schwierig gelten.

Ich hoffe, dass die Andreas Fröhlich Schule im Schulzentrum Krautheim mit „Gedankenfrische und Offenheit“ einen Beitrag zur Lebenswelt Schule einbringen kann. Zusammen mit „schwierigen“, mit geistig und körperlich beeinträchtigen, in ihrer Wahrnehmung, in ihrer Bewegungsfähigkeit, in ihrem Denken und auch Fühlen sehr unterschiedlichen, ja, manchmal „fremden“ Kindern, kann man auch die Welt anders, differenzierter und bunter sehen.

Das wären doch Chancen und Hoffnungen, oder?

 

 

 

Eine Sprache der Nähe

Eine Sprache der Nähe… genau das wäre es.
(Hanns-Joseph Ortheil, Liebesnähe S.286)
Aspekte einer Begegnung auf der Grenze.

Grenzerfahrungen sind nach Karl Jaspers jene Erfahrungen im Leben eines Menschen, in denen er nicht mehr auf Vorerfahrungen, auf Routinen, auf Gewohntes zurückgreifen kann. Es sind Erfahrungen, die ihm deutlich werden lassen, dass er an die Ränder seines bisherigen Lebens kommt. Solche Grenzerfahrungen sind in der Begegnung mit lebensverkürzend erkrankten Kindern eher die Regel als die Ausnahme. Und zwar im doppelten Sinn, die Kinder selbst geraten an die Grenzen ihrer bisherigen Welt, an die Grenzen ihrer bisherigen Erfahrungen und wohl auch an die Grenzen ihrer Vorstellungen. Aber auch die Familie findet sich in Situationen, in denen sie nicht auf Erfahrung, Wissen, erworbene Kompetenz zurückgreifen können.

Diejenigen, die ehrenamtlich oder beruflich sehr schwer erkrankte Kinder begleiten, haben sich im Lauf ihrer engagierten Arbeit natürlich gewisse Erfahrungen angeeignet. Sie können ganz sicher auf einiges zurückgreifen, was ihnen, den Kindern und ihren Angehörigen hilft, mit der Grenzsituation ein wenig besser zurecht zu kommen.

Ich möchte Möglichkeiten andeuten, mit sehr schwer und mehrfach behinderten Kindern in Kontakt zu kommen und in Kontakt zu bleiben. Diese Kinder sind schon in ihren „gesunden Tagen“ eine spezielle Herausforderung für unsere Kommunikationsfähigkeit. Ihre Mimik, ihre Stimme, vor allem aber ihre meist nicht vorhandene Sprache, werden uns sehr schnell an die Grenzen unserer eigenen Kommunikationsfähigkeit bringen. Wir werden eben schnell hilflos, wenn es uns nicht gelingt, unser Gegenüber anzusprechen oder aber unser Gegenüber zu verstehen. Die Kommunikation bricht zusammen, es kann das Gefühl entstehen, man habe nichts mehr gemeinsam. hier können Sie den Vortrag herunterladen …

 

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Umberto Eco

Nun ist also auch Umberto Eco gestorben. Die Feuilletons werden ihn würdigen, seine wissenschaftlichen Leistungen in der Semiotik, seine Wirksamkeit als europäischer Intellektueller.
Vor allem aber als Schriftsteller, der in Deutschland ein besonders grosses Leserpublikum hatte und hoffentlich noch lange haben wird. Der Autor von „Der Name der Rose“, „Die Insel des vorigen Tages“, „Das Foucaultsche Pendel“ , meines persönlichen Lieblingsbuches „Baudolino“ und vieler kleinerer witziger, intelligenter und kritischer Schriften, hat auch ein Buch verfasst, das nicht in die Bestsellerlisten kam, das aber aus dem Blick der Rehabilitiationswissenschaften einer besonderen Erwähnung würdig ist:

Die geheimnisvolle Flamme der Königin Loana, erschienen 2004.

Wie schon in meinen Gedanken an Roger Willemsen angedeutet, handelt es sich bei der Königin Loana um einen fast klassischen Entwicklungsroman, der auf einem fiktionalen Koma mit anschliessender retrograder, fast vollständiger Amnesie, also einem totalen Gedächtnisverlust, basiert.
Der Ich-Erzähler muss sein Leben neu entdecken, er findet sich in einer Umgebung – einem Buchladen – mit ihm unbekannten Menschen wieder, von denen er nicht einmal weiss, in welchem Verhältnis er zu ihnen gestanden hat.
Ist das seine Frau, die da im Laden steht? Ist es nur eine Angestellte? Hat er vielleicht eine Affaire mit ihr? Hat er eine gehabt und ist sie beendet – er weiss es nicht mehr.

Die eigentliche „Geschichte“ besteht darin, dass Eco als Ich-Erzähler uns auf eine literarische Entdeckungsreise in die von ihm über viele Jahre gelesene Literatur mit nimmt. Literatur, die seine Person gebildet und geformt hat, die ihn als Person ausmacht.
Das wird nun für den Leser spannend – oder auch langweilig. Man kann dem Autor nämlich bald nicht mehr folgen, wenn man die Bücher, Zeitschriften und vor allem die vielen Comics, auf die er sich bezieht, nicht kennt. Selbst, wenn man belesen ist, wird es schwierig, denn seine Comic – Lesezeit dürfte ca. 70 Jahre zurück liegen. Wer von uns kennt italienische Comics aus dieser Zeit?

Wie bei Eco nicht anders zu erwarten, ist das alles sprachlich und stilistisch überaus gut gelungen, man kann das Buch allein von da aus mit Vergnügen lesen, wenn man am Lesen über das Lesen Vergnügen hat.
Fast 500 Seiten sind da zu lesen, ein dickes Taschenbuch.
Und am Ende ein Satz, der angesichts seines Todes neue Bedeutung bekommt:

Ich spüre einen kalten Hauch, ich hebe die Augen
Warum wird die Sonne auf einmal so schwarz?